Le marais de Rumaucourt

De tous temps, l’homme a été attiré par l’élément liquide. Parce qu’il lui fournissait l’eau potable de ses sources, parce qu’il lui procurait de quoi se nourrir ; enfin, parce qu’il fournissait une aide précieuse pour  l’activité économique, agricole ou artisanale.

Ainsi,  s’expliquent l’installation des habitations et la création de villages à ses côtés.

Rumaucourt et son marais illustrent parfaitement cet enjeu. Prenons quelques exemples.

La tourbe

Elle est le résultat de l’accumulation, au fil des millénaires, des matières et débris végétaux sur le sol humide et au fond de l’eau. Progressivement décomposés et  compactés, ceux-ci se sont transformés en  tourbe.

L’homme a découvert il y a très longtemps que, extraite du sol humide et mise à sécher, cette tourbe pouvait servir de combustible pour la cuisine et le chauffage.

Cette activité a été poursuivie jusqu’après la découverte du charbon car celui-ci était trop cher pour la majorité des familles pauvres qui composaient notre village : journaliers qui  louaient leur force de travail aux gros fermiers, ou petits paysans qui parvenaient juste à survivre de l’exploitation de quelques terres.

Le lin

Le marais de Rumaucourt était prisé des liniers pour la propreté et le débit de sa source principale.

Cultivées localement ou amenées par le rail et la route, les tiges de lin étaient mises à détremper dans des barriques où elles subissaient le rouissage. Elles pouvaient ensuite être broyées et teillées : enveloppe et fibres étaient alors séparées, condition préalable aux étapes finales du peignage et du filage.

Fort logiquement, Rumaucourt a connu une activité linière importante ; les métiers de fileuses et de liniers de nos ancêtres apparaissent dans de nombreux actes anciens.

Un lieu de détente

A partir de l’entre-deux-guerres, le marais devient aussi un espace de loisirs pour les Rumaucourtois et les habitants de villages voisins. Une journée ensoleillée était le prétexte à une promenade, un pique-nique entre amis, une partie de pêche en famille.

Dans les années 70, une population plus urbaine s’installe en été au camping afin de profiter de la quiétude des lieux.

Randonneurs, joggeurs et cyclistes tournent encore quotidiennement autour du plan d’eau.