NOS VIELLES CARTES RACONTENT AUSSI DES HISTOIRES

Grâce aux acquisitions de ses membres et aux prêts de documents émanant de Rumaucourtois, l’association dispose maintenant d’une large collection de cartes postales anciennes de Rumaucourt.
Et nous avons eu l’idée de sortir de l’habituelle présentation des photos du village et de ses habitants qu’elles immortalisent pour aller à la découverte de ce qu’elles nous racontent à leur dos.


Car en effet, quand nos aïeux les envoyaient ou quand ils en recevaient, c’était d’abord leur contenu écrit qui les intéressait : qui est-ce qui m’écrit ? Qu’est-ce qu’il raconte ? Il nous parle de qui ? … et on imagine les dialogues dans la famille rassemblée derrière la lecture de la carte : « Ah, mince, grand-père est tombé malade ! » ; « Eh, Leonie, ils sont bien arrivés ! » ; « Albert a bien reçu son colis ». Et la carte de circuler de mains en mains… C’était toute une affaire dont on parlait aussi avec les voisins, eux aussi curieux de connaître les nouvelles : ils avaient bien vu le facteur déposer un courrier à côté… 

Certains textes sont des petits messages très brefs tels que « Ne m’oublie pas », « Affectueuses pensées », ou encore « Bien arrivés », juste signés d’un prénom. D’autres, beaucoup plus longues, constituent de véritables lettres et racontent des vies lointaines. Parmi celles qui datent de la guerre 14.18, il en est qui ont été écrites par des soldats allemands stationnés dans le village ; quand d’autres étaient l’œuvre de jeunes Rumaucourtois, soldats sur le front, voire blessés ou prisonniers de guerre. Quelques-unes sont particulièrement émouvantes : des soldats écrivaient à leur famille leur dure condition et leur peur de ne pas les revoir un jour… Enfin, quelques collections plus étoffées permettent d’imaginer les échanges à l’intérieur d’une même famille. C’est le cas pour les familles Canivet et Lourdel, implantées dans le village dans la 1ère moitié du siècle dernier et pour lesquelles nous avons pu rassembler des cartes issues de plusieurs membres.

Toutes ces cartes permettaient de donner à la famille ou aux amis restés au village une petite information ou le simple rappel de notre existence et que l’on ne les oubliait pas, même si on était loin les uns des autres.

Ne perdons pas de vue qu’il n’y a pas si longtemps, le téléphone n’existait pas pour la quasi totalité de la population : inventé vers 1870, ce n’est qu’un siècle plus tard qu’il a commencé à pénétrer les foyers. De même, dans la 1ère moitié du XXè siècle, seuls les plus fortunés pouvaient acquérir une voiture et être ainsi
maître de leurs déplacements. Ce n’est qu’à partir de l’après-guerre que la voiture s’est démocratisée. Ainsi, dès qu’un membre de la famille « partait au loin », ne serait-ce que pour aller vivre et travailler à la ville proche, Douai, Arras, Cambrai, on le perdait littéralement de vue et il devenait impossible de communiquer facilement avec lui. Les cartes postales restaient le seul lien de communication rapide ; elles remplissaient la fonction actuellement remplie par nos téléphones portables.

Ainsi, bien au-delà de simples photographies du village à une époque donnée, qui sont déjà en elles-mêmes ô combien intéressantes, les vielles cartes postales nous racontent, par le petit bout de la lorgnette, ce qu’était la vie ordinaire de nos parents, nos grands-parents ou nos arrière-grands-parents. Ce sont là des témoignages historiques et essentiels de la vie passée ; ils manifestent les traces tangibles de pages de notre histoire maintenant tournées.

Vous en trouverez ci-dessous une sélection représentative.


Nb : cette exposition a été présentée dans son intégralité le dimanche 30 Septembre 2012 dans l’église de la commune.